Loic-Le-Ribault.ch
Sommaire Livres G5
Official Website!
Norbert Duffaut
Jaques Breton
Qui a peur de Loic Le Ribault?
Les Coulisses du Crime
Le flic en Blanc
Présentez...Âme !
L'histoire vraie du G5

Tribulations diverses

Au début des travaux de Roland Rager dans le traitement des maladies cardio-vasculaires par ionocinèse du D.N.R., j'essayais moi-même d'étendre ces résultats.

Je procédais par de simples applications locales en faisant appliquer des compresses imprégnées de D.N.R. sur la région du coeur. Celle-ci était appliquée pendant 8 heures, la nuit de préférence. Le traitement durait de 15 à 30 jours avec ce protocole expérimental. Dans le cas des angines de poitrine et des infarctus, les résultats étaient au moins aussi satisfaisants que ceux obtenus par R. Rager. Les effets bénéfiques étaient plus longs à se manifester qu'avec l'ionocinèse mais les résultats étaient bons. Dans le cas du traitement des artérites, notre protocole expérimental donnait également des résultats satisfaisants.

Vers 1961, encouragé par ces premiers résultats, je décidai d'aller proposer mon produit au service de cardiologie bordelais. Pendant une semaine, je me concentrai, pris des notes pour rassembler toute l'argumentation qui allait me permettre d'accrocher l'attention du patron. Effectivement, drapé dans une grande cape bleu marine distribuée par les services d'intendance de l'hôpital, le chef de service avait une attitude altière.

Le dialogue fut agréable et constructif. Le patron tint compte de mes suggestions et me dit néanmoins que la prudence la plus élémentaire voulait qu'avant de l'utiliser sur le coeur, on l'employât sur des périarthrites scapulo-humérales, puisque mon D.N.R. n'était connu de personne ni agréé par aucun organisme.

Le chef de clinique fut donc chargé d'essayer le D.N.R. dans le traitement de celles-ci, fréquentes chez les malades frappés d'infarctus du myocarde. Cette proposition me parut honnête. Il faut préciser que l'agrégé de l'époque était absent de ce premier entretien.

Lorsque je revins un mois après, tout le service était joyeux et détendu. Les espérances les plus optimistes étaient largement dépassées. Le chef de clinique avait expérimenté le D.N.R. par ionisation ; c'était le triomphe. Les périarthrites scapulo-humérales étaient terrassées. Je reçus les félicitations chaleureuses du grand patron. Je le remerciai poliment, avec déférence même, mais j'enchaînai aussitôt :

- Peut-on commencer à traiter les vrais cardiaques, ceux qui sont atteints d'infarctus du myocarde ?

- Oui, monsieur !

Au cours de cette entrevue, l'agrégé de service se trouvait parmi nos interlocuteurs. C'était un cardiologue dynamique, peu sympathique au demeurant. Prétentieux de sa personne, il se faisait passer pour un chercheur depuis des lustres. L'aura du chercheur le suivait donc. Je n'ai jamais su pourquoi. Il était également très impulsif, ce qui dessert, à mon avis, le vrai découvreur. De plus, il était ambitieux. Ceci est en général une qualité lorsque l'individu veut laisser un message, une oeuvre à la postérité, pas seulement un nom. C'est la grosse différence avec les Rois Fainéants qui, faute d'avoir laissé une oeuvre, se sont contentés de laisser un nom.

Ce frétillant agrégé voyait donc d'un très mauvais oeil arriver dans le service de cardiologie un découvreur susceptible de lui porter ombrage. Dès la première fois, il m'adressa quelques paroles désagréables, sans plus. Par la suite, bien que présent lors de mes entrevues avec le grand patron, il ne m'adressa plus la parole. Bien que les discussions fussent souvent animées, il n'intervint jamais. Pour se donner une contenance, il faisait semblant de feuilleter un illustré quelconque, mais dès que j'avais quitté la salle, il disait au chef de clinique :

- Si tu veux du galon, si tu veux devenir agrégé, laisse tomber !

Et le chef de clinique, qui me connaissait bien, qui m'aimait bien, disait néanmoins :

- Oui, chef !

Chaque fois que je demandais où en était l'expérience, le grand patron répondait laconiquement :

- Nous allons bientôt la commencer !

Il ajoutait aussitôt :

- Monsieur le chef de clinique, commencez cette semaine!

- Oui, oui, monsieur, répondait l'autre.

Et l'attente continuait... Et les mois passaient...

Un jour, le grand patron, drapé dans sa cape bleu marine, entouré servilement de tout son service, me dit, sans doute pour changer son comportement habituel :

- Le D.N.R., je n'y crois pas !

Je lui répondis séchement :

- Les guerres de religion et de croyances n'ont rien à voir avec les sciences expérimentales. Dans celles-ci, il faut commencer par expérimenter. Les explications, l'hygiène de l'esprit, les supputations dubitatives ne viennent que par la suite !

Le grand patron fut très étonné de mes propos et de mon attitude ; son entourage fut également surpris de voir la surprise du grand patron. Ils n'avaient entendu personne lui tenir de tels propos, ni sur un tel ton. Ils craignaient une réaction vive de sa part à mon égard. Le cercle des gens du service se distendit ; ils avaient peur d'un incident violent.

Finalement, le front du grand homme se rasséréna, il esquissa un sourire :

- Vous avez raison. Il va falloir essayer ! dit-il finalement.

L'atmosphère se réchauffa ; Le cercle de ses collaborateurs se resserra autour de lui. L'agrégé, lui, n'avait pas ouvert la bouche.

Pourtant, l'expérimentation du D.N.R. ne devait jamais commencer dans ce service. En effet, l'agrégé avait fini par prendre la place du grand patron...

Dix ou quinze ans auparavant, on avait édifié aux Etats-Unis des centres de soins intensifs, mais les résultats obtenus avaient été décevants. Les infarctus du myocarde sont en effet très subits. Les délais d'intervention sont trop longs. Sur un grand nombre de cas aux Etats-unis, les améliorations ne sont que de 3 %. Dans notre région, elles ne pouvaient, hélas, être meilleures.

Toutefois, la même solution fut adoptée, alors que l'exemple américain montrait que c'était une erreur. Sur le plan financier, il n'y avait aucun risque, puisque c'était l'argent des contribuables qui était dépensé. En ce qui concerne les risques scientifiques, ils étaient nuls, puisque ce chef de service avançait dans un cul de sac. Il n'allait pas loin, mais en tout cas il savait où il allait.

En prenant la route du D.N.R., il aurait risqué le précipice, la chute brutale, sans lot de consolation. Ce fut pendant ces vingt dernières années le sentiment qui prédomina chez tous les patrons régionaux ou parisiens sollicités pour faire expérimenter le D.N.R.

Dans le cas du cardiologue régional cité plus haut, je pense qu'il connaissait trop les possibilités du D.N.R. Il s'était en effet amusé à guérir une cinquantaine de périarthrites scapulo-humérales en quelques jours avec mon produit dans un stade préliminaire. Mais il avait peur que le chimiste régional lui portât ombrage et que le cardiologue n'arrivât qu'en second.

Ce cardiologue laissa périr inutilement au moins cinquante millions de cardiaques à travers le monde pendant les vingt ans qui suivirent.

Ma découverte, j'ose l'écrire, était géniale, puisqu'elle était très simple : le D.N.R. dérivait tout bonnement du sable. J'avais tout simplement découvert une substance pré-existante dans la nature et je l'avais utilisée. Le D.N.R. était un composé organosilicié dérivé du sable, que le Créateur avait mis en grande abondance sur la terre. Les dérivés carbonés étant à la base de la vie sur la terre, il suffisait d'utiliser les organosiliciés en thérapeutique.

Sur le plan littéraire, je préciserai la situation des découvreurs en France en 1965.

La langue française fait une différence fondamentale entre la découverte, qui consiste à faire connaître un phénomène caché ou ignoré (mais pré-existant) et l'invention, qui est la création d'une nouveauté scientifique ou technique due à l'esprit humain. Il est possible de parler de la découverte d'une substance (pas forcément d'un médicament) et de l'invention du fil à couper le beurre, voire du butyrosécateur électronique à transistors.

Depuis longtemps, tout le monde savait que celui qui inventait était un inventeur, mais nul ne savait comment appeler celui qui découvrait quelque chose. S'il découvrait un porte-monnaie ou une grotte, il était appelé " inventeur ". S'il découvrait autre chose, il n'existait aucun substantif pour le désigner.

A ce que je crois savoir, pour qu'un mot devienne officiellement français, il faut et il suffit qu'il ait été utilisé par cinq écrivains contemporains en renom. C'est ainsi que les mots con, bordel, bistrot sont devenus français.

Vers 1964, Roland Dorgelès, président de l'Académie Goncourt, que j'avais guéri, avait utilisé le mot découvreur dans son livre Le Marquis de la Dèche, afin que le nom de découvreur pût m'être attribué. Comme aucun autre littérateur ne croyait utile d'employer ce mot, je me décidai, en 1967, à écrire au Secrétaire perpétuel de l'Académie des Lettres. Un secrétaire me répondit dans les semaines qui suivirent et m'informa qu'il allait faire diligence.

Ses nombreuses activités ne lui permirent vraisemblablement pas de donner une suite favorable à ma demande.

Las d'attendre, je me permis de reprendre mes démarches auprès de cette docte assemblée en 1975. Une réponse me fut adressée assez rapidement, m'informant que l'Académie des Sciences allait être contactée pour lui permettre de formuler une opinion sur la question.

Depuis ses débuts, le Petit dictionnaire Larousse n'avait jamais fait figurer le mot découvreur dans ses diverses éditions. Or, en décembre 1978, j'appris - non par l'Académie Française, mais par des joueurs de scrabble - que découvreur figurait dans la dernière édition du Petit Larousse. Le mot découvreur était enfin français !

Le cardiologue qui torpilla le D.N.R. ne faisait, lui, aucune différence entre l'invention, la découverte et le néant.

     [ Page 8 of 22, go to page: [1]   [2]   [3]   [4]   [5]   [6]   [7]   [8]  [9]   [10]   [11]   [12]   [13]   [14]   [15]   [16]   [17]   [18]   [19]   [20]   [21]   [22]   ]
Table des matières
1. Avertissement
2. Avant mes recherches
3. Premiers pas dans la science
4. Le D.N.1
5. A Bordeaux
6. A Paris
7. La province
8. Tribulations diverses
9. Cholestérol et hypertension
10. Les Virus
11. La cataracte
12. Gynécologie et podologie
13. Phtysiologie - bronchite chronique
14. Dermatologie
15. Le sport
16. La radioprotection
17. Un essai de théorie
18. Commercialisation du D.N.R.
19. Prix Nobel
20. D.N.R. et le pétrole
21. Conclusion