Loic-Le-Ribault.ch
Sommaire Livres G5
Official Website!
Norbert Duffaut
Jaques Breton
Qui a peur de Loic Le Ribault?
Les Coulisses du Crime
Le flic en Blanc
Présentez...Âme !
L'histoire vraie du G5

La province

Je revins donc à Bordeaux et c'est à ce moment que, par l'intermédiaire du docteur Janet, je connus Roland Rager. Ce remarquable cardiologue, esprit curieux, passionné de tout ce qui est un peu abstrait, est avant tout un enthousiaste de la recherche.

Du temps où il était étudiant nouvellement marié, il lui arrivait de venir déjeuner avec trois heures de retard : il s'était attardé à mener à terme un travail qu'il avait commencé. Dès qu'il connut le D.N.R., il entreprit une expérimentation pour jeter les fondements d'un traitement nouveau des maladies cardio-vasculaires.

Il ne commença pas par la petite porte, puisque ses travaux concernaient le traitement des angines de poitrine, des infarctus du myocarde et des artérites des membres inférieurs. Ses premiers essais furent de vrais triomphes ; ses espérances les plus optimistes furent dépassées. Son mérite à alléger la souffrance humaine dépassa de loin celui des grands médecins qui, à Bordeaux comme ailleurs, acceptaient sans sourciller chaque année la mort de trois cent mille Français cardiaques.

Sa première publication, qui portait sur cinquante observations, fut confirmée par des milliers d'autres résultats favorables au cours des années qui suivirent.

Telle n'était pas l'opinion de ses confrères qui, pendant plus de quinze ans, allaient le harceler, le vexer, le brimer.

Le même phénomène se produisit à Toulouse et à Montpellier, où deux professeurs de chimie qui voulaient faire expérimenter le D.N.R. ne rencontrèrent que l'hostilité des cardiologues de leur ville respective. Ils rentrèrent chaque fois l'oreille basse, traumatisés et quelquefois ensanglantés, aux dires de leurs épouses.

Ces cardiologues provinciaux auraient pu devenir des découvreurs honorant leur université ; ils choisirent sans hésitation aucune l'inaction et la neutralisation temporaire du D.N.R. La lucidité, inspirée par la médiocrité, les obligeait à ne pas aller s'enliser dans des domaines peu sûrs et même tabous : la préparation d'une retraite dorée est un travail de longue haleine.

Ces faits peu glorieux surprirent nos amis chimistes de Toulouse, Montpellier et Marseille. Habitués à servir la science sans arrière pensée, ils eurent beaucoup de difficultés et de peine à essayer d'analyser objectivement ces comportements.

Par la suite, certains de mes confrères me dirent que je n'avais pas la manière, que la psychologie n'était pas mon fort et que j'étais moi-même le pire ennemi du D.N.R.

Au printemps de l'année 1980, ils se résolurent à aller voir leurs homologues cardiologues. Mais leurs entrevues se soldèrent comme les miennes par des échecs et des catastrophes. A chaque fois, quatre spécialistes de la cardiologie refusèrent toute expérimentation sur un tel sujet tabou, pour lequel les Russes et les Américains n'avaient pas trouvé de solution.

Revenons au docteur Roland Rager, ce géant de la science, ce savant naïf mais génial qui, indifférent à la hargne et à la grogne de ses collègues, utilisa l'ionocinèse, récemment réactualisée par Jacques Janet en gastro-entérologie, pour exploiter le D.N.R. en cardiologie.

Nous avions montré que le D.N.R. était un anion qui traversait très facilement l'épiderme et le derme. Ce fut donc la méthode de choix pour le traitement des angines de poitrine et les infarctus du myocarde, pour faire arriver le D.N.R. en quantité suffisante sur les coronaires et leur donner une élasticité quasi physiologique.

Ce mode d'administration locale se révéla infiniment supérieur aux piqûres intra-musculaire ou intra-veineuse. En effet, les artères étant déficientes, l'irrigation est mal assurée et les piqûres ne permettent pas d'apporter le D.N.R. en quantité suffisante au niveau des coronaires et des artérioles des jambes pour permettre de rétablir une circulation périphérique satisfaisante. C'est ce qu'observa expérimen-talement Roland Rager.

Le traitement des angines de poitrine, des infarctus du myocarde et des artérites était constitué par une série de douze à seize séances d'ionocinèse d'une demi-heure chacune. L'intensité du courant appliqué variait entre cinq et vingt-cinq milliampères.

Dans les deux premiers cas, les électrocardiogrammes perturbés et même très perturbés redevenaient progres-sivement normaux, dans 60 % des cas pour les infractus et dans 90 % des cas pour les angines de poitrine. Pour les artérites, les atroces douleurs nocturnes et diurnes s'estompaient progressivement. Le sang circulait peu à peu de manière quasi normale dans les jambes grâce à la restauration de la circulation périphérique. Le spectre de la gangrène et de l'amputation des jambe s'éloignait et les patients pouvaient recommencer à marcher.

Le malheureux Roland Rager, homme consciencieux et objectif, attaché à rapporter les faits tels qu'il les observait, eut l'outrecuidance de publier ces résultats. Les tollés ne tardèrent pas à jaillir, nombreux et drus. Ce n'étaient que des hors d'oeuvre à côté de ce qui l'attendait dans un proche avenir.

Avec une apparente insouciance et la sérénité de l'authentique savant, il accorda des interviews remarquées aux journaux et à la télévision.

La hargne médicale bordelaise commença à se manifester. Les avertissements commencèrent à fuser de toutes parts à l'adresse de Roland Rager. Avec beaucoup d'adresse, ou plus vraisemblablement avec l'aide la Providence, il esquiva tous les coups, mais à titre provisoire, il faut bien le préciser.

Contre toute attente, une éclaircie parut se manifester du côté de Paris : en 1967, Roland Rager se vit décerner par l'Académie de Médecine le prix J. Lévy-Bricker, une distinction enviée destinée à récompenser ses travaux sur l'utilisation du D.N.R. en thérapeutique humaine.

Cette satisfaction faillit pourtant être ternie de manière regrettable.

Que se passa-t-il ?

Vers 1964, un laboratoire pharmaceutique qui commençait à s'intéresser à la commercialisation du D.N.R. fit effectuer des études sur le traitement de l'athérome expérimental chez le lapin, pour essayer de donner un fondement pharmacodynamique aux travaux de Rager. Ce fut un institut bordelais de microscopie électronique dépendant de la faculté des sciences qui mena cette étude à bien.

Je tiens à préciser que ce ne fut pas un laboratoire de la faculté de médecine qui effectua ce travail. En effet, tous les services et instituts français travaillant de près ou de loin sur les maladies cardio-vasculaires nous refoulèrent systématiquement sans la moindre hésitation, quels que soient les crédits proposés pour entreprendre le travail.

L'étude sur le traitement de l'athérome expérimental sur le lapin dura plus de deux ans. Ce fut donc un travail très soigné. L'étude portait en particulier sur l'examen au microscope électronique des coupes histologiques de l'aorte des lapins traités et non traités au D.N.R. Plus de mille photographies furent ainsi prises au microscope électronique.

Ce travail original montra, de manière magistrale, lumineuse et sans appel, les rôles préventif et curatif du D.N.R. sur l'athérome. Ceci complétait, de manière triomphale, les résultats brillants obtenus par Roland Rager chez l'homme, lors du traitement des angines de poitrine, de l'infarctus du myocarde et de l'artérite des membres inférieurs.

Mais Roland Rager avait glissé dans son dossier, pour concourir au prix J. Lévy-Bricker, une photographie non publiée du travail précédent.

Après l'attribution de la distinction, cette photographie fut portée à la connaissance de l'institut auteur du travail, à la suite de démarches dénuées de délicatesse. Certains membres de l'institut se fâchèrent, le directeur en tête. Ils allèrent jusqu'à dire que leur institut avait été pillé. L'intérêt scientifique de la découverte du D.N.R. et de ses applications en cardiologie furent éclipsés par ce pseudo pillage. Il fut question de rédiger une demande pour faire annuler l'attribution du prix à Roland Rager.

Une mise au point brève mais explicite fut nécessaire. Roland Rager demanda par écrit au directeur de l'institut s'il était anormal que l'Académie de Médecine pût avoir en main des documents que toutes les esthéticiennes de France et des Etats-Unis possédaient depuis deux ou trois ans. En effet, un dépliant publicitaire destiné à ces dernières, rédigé en français et en anglais, avait été diffusé à des centaines d'exemplaires depuis des années.

Le directeur de l'institut, les yeux révulsés et le nez en drapeau, dut convenir qu'il n'y avait là aucune anomalie. L'incident était clos. Une fois de plus, la Science n'avait pas vécu de grands moments.

Roland Rager, dont les mérites commençaient à être reconnus par l'Académie de Médecine, pouvait en toute modestie aspirer au prix Nobel, car les travaux sur l'homme étaient confirmés après ceux effectués sur le lapin.

A peu près à cette époque, il fit éditer un livre de quatre cents pages, L'infarctus ne tue pas, dans lequel il faisait une mise au point à l'adresse du grand public. Il consacrait quelques pages au D.N.R., et montrait les avantages de cette thérapeutique originale et efficace.

Peu après, une attaque en règle fut déclenchée par un cardiologue bordelais et savamment orchestrée à l'échelle nationale. Mon ami reçut donc de l'Ordre des médecins un blâme sévère. Il ne lui était nullement fait grief d'avoir trouvé un moyen efficace de lutter contre l'infarctus, mais d'avoir fait de la publicité sur sa personne. Ce coup bas, difficile à qualifier, même avec une langue riche comme la langue française, incita la victime à réagir. Il porta l'affaire devant le Conseil d'Etat. Après une longue instruction, ce dernier lui donna raison, déclarant nulle l'initiative du chef de service hospitalier bordelais qui avait demandé le blâme.

Peu après, le plaignant devenu retraité passait de vie à trépas, victime d'un infarctus. Ses collègues déclarèrent qu'il avait mauvais caractère et qu'il était insociable.

     [ Page 7 of 22, go to page: [1]   [2]   [3]   [4]   [5]   [6]   [7]  [8]   [9]   [10]   [11]   [12]   [13]   [14]   [15]   [16]   [17]   [18]   [19]   [20]   [21]   [22]   ]
Table des matières
1. Avertissement
2. Avant mes recherches
3. Premiers pas dans la science
4. Le D.N.1
5. A Bordeaux
6. A Paris
7. La province
8. Tribulations diverses
9. Cholestérol et hypertension
10. Les Virus
11. La cataracte
12. Gynécologie et podologie
13. Phtysiologie - bronchite chronique
14. Dermatologie
15. Le sport
16. La radioprotection
17. Un essai de théorie
18. Commercialisation du D.N.R.
19. Prix Nobel
20. D.N.R. et le pétrole
21. Conclusion