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Commercialisation du D.N.R.

Les docteurs Jacques Janet et Roland Rager obtenaient donc des résultats satisfaisants dans le traitement du cancer et des maladies cardio-vasculaires, mais dans les hôpitaux parisiens et provinciaux, c'était la déroute pour le D.N.R. que personne ne voulait expérimenter.

Serai-je plus heureux pour l'exploitation commerciale de ce médicament que mes amis jugeaient exceptionnel ?

C'est à peu près en 1959, à l'époque où je connus Roland Rager que se situe le moment où je commençai à collaborer avec le directeur d'un laboratoire pharmaceutique qui s'intéressait au D.N.R.

Je l'avais connu deux ans plus tôt par l'intermédiaire d'un professeur de la faculté de pharmacie et je l'avais perdu de vue. Or, je le revis par une chaude journée de juillet à l'Agence des Wagons-lits de Bordeaux, au moment où je retenais ma place de chemin de fer pour Brest et que lui prenait un billet d'avion pour la Grèce.

Je le mis au courant de mes récentes observations sur les propriétés médicales du D.N.R. Il me dit que tout cela l'intéressait et qu'il viendrait me voir en septembre. C'est ce qu'il fit. Il revint d'ailleurs me voir avec assiduité. Il me conseilla de me séparer de tous les médecins, pharmaciens et chimistes avec qui je travaillais et de lui faire confiance. Au début, cette confiance ne me paraissait pas entièrement justifiable ni justifiée, mais comme il me proposait de prendre un brevet en association, je mis certaines objections en sourdine. Il me précisa qu'il allait demander un visa ministériel pour un médicament à base de D.N.R., mais qu'il fallait au moins dix-huit mois pour l'obtenir. L'objectif paraissait lointain, mais enfin nous étions en 1959 et la durée du brevet était de vingt ans.

J'eus beau lui expliquer que Jacques Janet et Roland Rager traitaient le cancer et les maladies cardio-vasculaires avec le D.N.R., il s'obstina à se contenter de vouloir administrer mon médicament par pulvérisations nasales contre les affections rhinopharingées. C'était très modeste sur le plan médical, ce fut désastreux sur le plan financier.

La présentation luxueuse, donc chère, de ce dispensateur d'aérosols organosiliciés l'empêcha de connaître le succès même le plus modeste. Il fallut se rabattre sur une présentation plus démocratique. Un flacon vert en matière plastique fut créé pour verser quelques gouttes de D.N.R. dans les fosses nasales des patients.

Ensuite, le même promoteur commercial demanda un autre visa ministériel pour soigner l'acné juvénile par application de D.N.R. Du point de vue anecdotique, signalons que la Sécurité Sociale refusa de rembourser cette spécialité contre l'acné et que les études du D.N.R. appliqué aux animaux continuèrent activement...

On vérifia la non-toxicité du produit sur les rats et les rates, on procéda à l'étude de son action sur les pattes de grenouilles, sur la jument en rut, sur l'éléphante gravide et j'en passe...

Le coût des dépenses s'éleva à cinq millions de nouveaux francs (en 1959).

Il était regrettable de constater que des travaux coûteux étaient effectués sur le D.N.R. pour le traitement d'affections mineures et que rien n'était fait pour alléger la souffrance humaine causée par des fléaux tels que le cancer ou les maladies cardio-vasculaires.

Le pharmacien savait bien que la majeure partie des ruptures de têtes de fémurs se rencontrent chez les personnes opérées de la cataracte, qui ne peuvent plus accomoder et apprécient mal les distances, mais il ne voulait pas changer les habitudes des ophtalmologues.

Une fois de plus, le D.N.R. ne put rendre à l'humanité souffrante les services qu'il pouvait aisément lui rendre pour une affection pas très grave : la cataracte.

Par la suite, un autre laboratoire spécialisé en ophtalmologie commercialisa le D.N.R. pour traiter la cataracte. Ce fut une réussite commerciale pour le laboratoire (pas pour moi, car le brevet était tombé dans le domaine public). Il se vendait plus de quatre cent mille flacons par mois.

Au point de vue efficacité, il n'était pas difficile d'obtenir des résultats meilleurs qu'avec l'iodure de potassium utilisé depuis de nombreux lustres. Mais l'obstination du directeur, jointe à une ignorance crasse des sciences expérimentales et à des connaissances archaïques, m'amenèrent à lui adresser des lettres hautes en couleur pour lui faire connaître mon mécontentement. Il prétendait, comme beaucoup d'ophtal-mologues, que les bains d'yeux provoquaient des macérations et que les gouttes instillées dans les yeux ne provoquaient pas un tel phénomène. Les milliers de patients qui, chaque jour depuis des années, utilisent les bains d'yeux d'Optrex, médicament universellement connu, ne se plaignent pas de ce type de complications, à ma connaissance.

Le directeur de ce laboratoire continua à faire appliquer sa spécialité par instillation de gouttes dans les yeux, et empêcha des millions de patients de profiter de bains d'yeux salvateurs de D.N.R. pour guérir leur cataracte.

Au cours des ans, je me souviens avoir dans de très nombreuses familles connu des personnes atteintes de cancer ou de maladies incurables.

Après avoir subi de nombreuses opérations mutilantes, souvent les pauvres malades rentraient vivre leurs dernières semaines au milieu des leurs.

J'ai toujours vu les médecins de famille appelés en catastrophe de jour et de nuit. J'ai toujours vu ces médecins embarrassés puis catastrophés dire : " Nous ne pouvons plus rien. La science est dépassée".

Ils utilisaient bien quelques astuces du métier en faisant appel en consultation à d'autres confrères, ou en faisant passer un scanner pour confirmer que cela n'allait pas du tout. Le scanner, à défaut de thérapeutique efficace, constatait, comme lui permettait la science, que la situation était catastrophique.

Toutefois, au point de vue pratique, à de très rares exceptions près, j'ai toujours vu les praticiens percevoir leurs honoraires, normaux le jour, largement majorés les nuits et les jours de fêtes, bien qu'ils aient avoué leur impuissance à prescrire un médicament officiel salvateur.

Faute de s'informer sur les médecines douces ou les médicaments d'avant-garde, sur le plan financier ils avaient le réflexe de percevoir scrupuleusement les sommes conseillées par leur profession.

Au point de vue commercial, mes démarches avaient été aussi peu efficaces qu'au point de vue scientifique ou médical.

Je n'étais pas pour autant découragé et poursuivais ma lutte pour faire triompher le D.N.R.

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Table des matières
1. Avertissement
2. Avant mes recherches
3. Premiers pas dans la science
4. Le D.N.1
5. A Bordeaux
6. A Paris
7. La province
8. Tribulations diverses
9. Cholestérol et hypertension
10. Les Virus
11. La cataracte
12. Gynécologie et podologie
13. Phtysiologie - bronchite chronique
14. Dermatologie
15. Le sport
16. La radioprotection
17. Un essai de théorie
18. Commercialisation du D.N.R.
19. Prix Nobel
20. D.N.R. et le pétrole
21. Conclusion