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L'histoire vraie du G5

Dermatologie

Nous avions constaté que les asthmatiques qui tamponnaient leurs avant-bras avec du D.N.V.(1) deux fois par jour pendant une semaine, puis une fois par semaine et au moment des crises, notaient une nette amélioration de leur état. Nous décidâmes alors d'essayer le même traitement en dermatologie.

Le D.N.R. associé à l'hyposulfite de sodium ou de magnésium s'avéra effectivement bénéfique aussi bien pour traiter les allergies que pour les eczémas. C'était en 1960.

Les épidermes délicats de certains de nos amis furent débarrassés en un tournemain des méfaits de leurs allergies. Aussi essayé-je d'intéresser les services hospitaliers spécialisés en dermatologie. Ce ne furent que refus dédaigneux et récitations d'actes de foi à la gloire de l'Eau de Dalibourg et de la cortisone sous toutes ses formes.

En 1978, un dermatologue parisien commença à encombrer les écrans de télévision. Avec dynamisme, il affirmait vouloir tout changer. Je lui proposai immédiatement mes services, pensant que le désir qu'il avait manifesté publiquement pourrait l'entraîner à expérimenter quelques thérapeutiques originales à base de D.N.R. en dermatologie.

J'attendis en vain, pendant un mois, une réponse constructive à mes propositions. Trois ans s'écoulèrent et je ne reçus le moindre accusé de réception.

Cependant, on le voyait toujours sur les petits écrans aux heures de grande écoute. A mon grand énervement, il déclarait vouloir ôter des études médicales la physique, la chimie et les mathématiques, sans pour autant envisager d'abaisser les honoraires de ses futurs diplômés au rabais.

J'ajouterai pour mémoire que les mauvaises langues prétendaient qu'en 1968 son entrée précipitée dans l'enseignement supérieur n'avait pas tous les critères requis par l'orthodoxie.

Partant du principe que la médecine était désemparée devant les affections comme le cancer ou l'eczéma ou l'allergie de la peau, il prétendait que le praticien devait se contenter d'être le consolateur des affligés et de remonter le moral des patients.

Comme j'eus l'occasion de le lui indiquer, Saint Vincent de Paul, avec plus de dignité que lui, avait consolé d'innombrables galériens et affligés divers.

Il dépassa la mesure en écrivant un livre, " Chercher ", dans lequel le sens du mot était galvaudé. Je lui envoyai une lettre pleine de lyrisme par l'intermédiaire du présentateur de la télévision qui avait commenté son ouvrage. Cette fois, il me répondit pour me dire que j'avais mal interprété ses propos.

C'est le même homme qui prétendait un jour avoir trouvé l'origine du cancer. Une autre fois, il expliquait le malaise du président Carter au cours d'un cross, ou donnait des conseils puérils pour éviter les excès alimentaires du Jour de l'an. Une autre fois, pour attirer l'attention de ses contemporains, il attira dans son service les malades atteints du SIDA. Les soins dispensés n'avaient aucune originalité, mais en évoluant au milieu des nouveaux pestiférés du vingtième siècle, il voulait donner à son service un air moyenâgeux " new look ". En attendant, la dermatologie classique ne sort pas de la cortisone et de l'Eau de Dalibourg, tandis qu'avec le D.N.R. les résultats sont satisfaisants. Les patients sont toujours allergiques à autant de substances, les asthmatiques ne peuvent profiter de la vie et les mycoses sont de plus en plus répandues.

Le D.N.R., lui, telle la violette, demeure terré dans l'ombre.

Je me souviens également des conditions dans les quelles j'avais pu faire disparaître le pityriasis versicolor(2), champignon cutané qui accable plus d'un milliard d'asiatiques et contre lequel les traitements classiques anciens et actuels donnent toujours des résultats incertains.

Mon ami Jean-Guy Faugère, qui revenait en 1965 de Pnom-Penh passer une année universitaire, avait rapporté de ce beau pays d'excellents souvenirs ainsi qu'un magnifique pityriasis versicolor qui couvrait tout son dos. Ce genre de mycose entraîne des démangeaisons désagréables. Dans cette région éloignée, il n'existait pas de traitement médical efficace. Il s'était donc contenté de rapporter un long grattoir qui lui permettait de provoquer des révulsions bienfaisantes.

Il avait acquis une certaine élégance lors de ses séances de grattage, mais les mycoses étaient toujours aussi présentes que gênantes. Il pensa à aller voir le chef de service du service hospitalier de dermatologie, que connaissait bien son père.

Il exposa ses malheurs au spécialiste qui, avec chaleur et enthousiasme, lui déclara sans sourire qu'il connaissait un traitement efficace et que tout serait fini en moins d'un mois.

Mon ami exécuta scrupuleusement le traitement prescrit, et au bout d'un mois la mycose avait très légèrement progressé sur son dos.

Il revint donc voir l'éminent spécialiste qui, après avoir examiné le dos du patient, lui dit sans sourciller :

- Vous êtes un cas rebelle, continuez deux mois encore !

- Mais vous m'aviez dit...

Le chef de service autoritaire ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et conclut en disant :

- Faites-moi confiance, j'ai l'habitude !

Jean-Guy Faugère, qui préparait sa thèse dans notre laboratoire, commença à nous faire part de ses ennuis dorsaux et de son septicisme vis-à-vis des connaissances du Maître qui lui prodiguait des soins aussi peu efficaces.

Pris de compassion pour ce patient délaissé par la médecine de son temps, je lui proposai un traitement. J'avais en effet observé une fois qu'un estivant atteint de mycose après un séjour sur une plage enchanteresse du Midi de la France, avait été guéri en quelques jours après avoir tamponné sa poitrine avec un mélange de D.N.R. et d'exsudat levurien.

Mais, comme disaient les anciens, " unus testis, nullus testis "(3). Il aurait fallu vérifier sur plusieurs personnes que la thérapeutique était efficace.

Je proposai donc à tout hasard mon mélange à Jean-Guy Faugère. Avec reconnaissance, il accepta.

Mais il était méfiant de nature et préféra, pour avoir des bases sûres de comparaison, ne tamponner que le moitié droite de son dos. L'effet ne tarda pas à se manifester : moins d'une semaine après le début des tamponnements, le pityriasis versicolor avait disparu de la partie droite du dos. Sur la côté gauche, la mycose était toujours florissante.

Sans me parler des effets bénéfiques inespérés de mon traitement, il revint consulter le maître.

Bien qu'un peu surpris de voir que seule la partie droite du dos du patient fut en bon état, la spécialiste dit à mon ami :

- Ah ! Vous voyez que mon traitement a été efficace !

Jean-Guy Faugère dit alors :

- Mais ce n'est pas votre thérapeutique qui a été utilisée, c'est celle de monsieur Duffaut...

Goûtant mal la plaisanterie, le chef de service hospitalier de dermatologie eut des propos exempts de courtoisie.

De ce fait, le patient ne revint jamais importuner l'ami de son père.

La semaine suivante, Jean-Guy Faugère était complètement guéri de son pityriasis versicolor et nous avons bien ri pendant les semaines et les années qui suivirent de cette histoire médicale assez amusante.

(1) Un verre de D.N.R. et une demi-cuillerée à café d'hyposulfite de sodium (précision technique de N. Duffaut)

(2) Mycose superficielle très fréquente, caractérisée par des taches couleur chamois. Après exposition du corps au soleil, celles-ci peuvent paraître blanches sur la peau saine brunie. (ND LLR)

(3) " Un seul essai n'a aucune valeur " (ND LLR)

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Table des matières
1. Avertissement
2. Avant mes recherches
3. Premiers pas dans la science
4. Le D.N.1
5. A Bordeaux
6. A Paris
7. La province
8. Tribulations diverses
9. Cholestérol et hypertension
10. Les Virus
11. La cataracte
12. Gynécologie et podologie
13. Phtysiologie - bronchite chronique
14. Dermatologie
15. Le sport
16. La radioprotection
17. Un essai de théorie
18. Commercialisation du D.N.R.
19. Prix Nobel
20. D.N.R. et le pétrole
21. Conclusion