| Dès le début de mes travaux sur
le D.N.R., j'avais été amené à l'utiliser en
ophtalmologie. Jacques Janet, qui connaissait
bien la technique utilisée par le docteur
Morizot pour soigner toutes les affections des
yeux par ionocinèse, pensa y associer le D.N.R.
Il confia l'éxpérimentation à un ophtalmologue
qu'il croyait un ami et un chercheur. Ce dernier
l'essaya avec succès sur sa propre soeur qui
avait des hémorragies rétiniennes et ne relevait
plus des thérapeutiques classiques.
Le susdit ophtalmologue, qui
venait d'achever ses études, déclara qu'il
fallait attendre son installation et que l'on
verrait alors ce qu'il savait faire.
Mais à ce moment-là, il eut des
altercations avec ses collègues sur la technique
de l'ionocinèse, technique considérée comme peu
orthodoxe. Ajoutons qu'à cette époque le D.N.R.
n'était pas encore commercialisé. Le fait est
qu'il ne donna aucune suite à sa promesse et que
nos relations se relâchèrent petit à petit.
Le laboratoire bordelais qui
devait commercialiser le D.N.R. en ophtalmologie
lui avait demandé de procéder à l'étude de ce
médicament sur la cataracte du lapin. Après
quelques essais malheureux, il se récusa sans
gloire. Il faut dire que la manipulation était
délicate. Mais un jeune agrégé bordelais mena
l'expérimentation avec talent, voire avec brio.
Il permit au laboratoire pharmaceutique de
constituer un dossier valabale et d'obtenir un
visa ministériel pour la commercialisation du
D.N.R. en pharmacie.
Finalement, la vente fut assurée
par un laboratoire étranger à Bordeaux,
spécialisé en ophtalmologie. J'avais eu
l'occasion de constater, dans le cas d'une
cataracte, que l'acuité visuelle passait de 4 à
7 en moins de deux mois chez les malades, à
condition de prendre un à deux bains d'oeil de
une minute chaque jour, et d'ajouter quelques
additifs banaux au D.N.R.
La simple instillation ne donne
que des résultats négligeables, voire ridicules
à côté de ceux obtenus avec des bains d'yeux.
J'avais attiré l'attention du laboratoire
pharmaceutique sur ce fait primordial. Mais, au
nom de la routine triomphante, il s'empressa de
demander un visa pour appliquer le D.N.R. par
administration de gouttes dans les yeux.
Il est vrai qu'un dicton
ophtalmologique veut que les bains d'yeux sont
considérés comme devant provoquer des
macérations regrettables.
Il semble qu'il s'agisse là d'une
simple tradition orale, puisque personne n'a de
preuve expérimentale de ce phénomène, faute
d'avoir essayé notre façon d'opérer. De plus,
les dizaines de milliers de patients qui
achètent chaque jour une spécialité comme
Optrex n'y trouvent que bienfaits et
avantages, sans observer de macérations. Mais
jamais aucun spécialiste en ophtalmologie n'a
prescrit l'utilisation d'Optrex avec
une oeillère.
Je dois préciser que par un jeu
subtil de vente globale de brevets en cascade,
je ne suis intéressé en aucune manière au nombre
de flacons de D.N.R. vendus.
En quelques mois, on arriva à
quatre cent mille flacons vendus mensuellement.
Il est certain que même employé en faisant fi
des données expérimentales élémentaires, ce
médicament donne des résultats bien supérieurs à
son concurrent, l'iodure de potassium, ce qui
n'est pas, hélas, une référence.
Je me permis d'écrire au directeur
du laboratoire pour attirer son attention sur le
fait qu'il y avait intérêt à utiliser le produit
silicié par bains d'yeux. De plus, je précisais
que l'addition d'hyposulfite de sodium
permettait de guérir en douze heures l'herpès de
l'oeil, les allergies et les conjonctivites.
Il me répondit au bout d'un mois
et demi qu'il connaissait mes qualités de
savant, qu'il pensait à l'élaboration de
nouvelles spécialités et qu'il me tiendrait au
courant ultérieurement de la suite donnée à la
question.
Le temps passa. Je lui écrivis une
nouvelle fois. En termes choisis, il me fit
comprendre qu'il était assez grand pour juger de
la situation, et que ce que je disais sur le
plan pratique et expérimental, il n'en avait que
faire.
Avec concision, mais en termes
forts, je répondis à ce rénégat des sciences
expérimentales que, malgré le succès commercial,
il avait tort de se désintéresser aussi
ostensiblement de la souffrance humaine.
Je ne reçus jamais de réponse et
les gens atteints de cataracte continuèrent à
être éborgnés par millions. Les kératites à
virus continuèrent à faire des ravages, les
conjonctivites allergiques continuèrent à
sévir.
Heureusement que des centaines de
personnes ont pu observer dans près de 95 % des
cas que, par de simples bains
d'yeux(1) deux fois par jour (une
minute à chaque fois), l'acuité visuelle
augmentait de 2/10 dans le premier mois.
En général, l'acuité visuelle
passe de 4 à 7 en deux mois. Nous avons
également traité avec succès des patients qui,
au début du traitement, avaient une acuité
visuelle voisine de zéro.
Il faut préciser que le traitement
médical de la cataracte présente beaucoup
d'avantages sur le traitement chirurgical :
indépendamment du fait d'éviter une opération,
le traitement médical permet à l'oeil de pouvoir
toujours accomoder. C'est en effet chez les
opérés de la cataracte qui ne peuvent plus
accomoder que l'on observe beaucoup de chutes
qui entraînent la majeure partie des fractures
du fémur. Dans ce domaine médical, comme dans
beaucoup d'autres, le D.N.R. procure de nombreux
avantages aux patients qui veulent
l'utiliser.
En 1961, je cherchais encore les
domaines où le D.N.R. pourrait avoir des
applications. J'ignorais pratiquement tout de la
médecine et des possibilités limitées de la
plupart des thérapeutiques.
Je savais qu'il fallait rendre
hommage à la pénicilline et aux antibiotiques
qui luttaient efficacement contre les maladies
infectieuses, ainsi qu'à l'aspirine qui était un
excellent analgésique. Je n'ignorais pas non
plus que la digitaline rendait d'immenses
services en cardiologie.
Ce n'est que beaucoup plus tard
que j'ai appris, soit en fréquentant les
hôpitaux, soit en lisant les journaux, que dans
beaucoup de domaines les possibilités des
thérapeutiques sont limitées.
De par notre condition humaine, la
mort est inéluctable.
La souffrance, elle, peut
fréquemment être évitée.
La mort prématurée peut, dans
beaucoup de cas, être également évitée.
Il est curieux de constater que
les milieux médicaux crient au triomphe et
publient des bulletins de victoire pendant des
semaines entières, à raison d'une ou deux fois
par jour, lorsqu'ils soignent certains chefs
d'Etat. Nous avons tous à l'esprit les moments
pénibles que les auditeurs et les
téléspectateurs ont vécu au cours des dernières
années, lors de l'agonie du général Franco, du
président Boumédienne ou du maréchal Tito.
Il est étrange de voir la
publicité tapageuse déployée par les médias et
les chercheurs pour glorifier les immenses
possibilités de la science : maintenir
grabataires, voire moribonds, des personnages
politiques célèbres, et ce de manière toujours
irréversible.
Les moyens de survie utilisés sont
toujours sophistiqués et onéreux. Comme ils ne
sont pas physiologiques, leurs possibilités sont
forcément limitées.
L'homéopathie et le D.N.R.,
beaucoup moins préten-tieux par leurs
aspirations, essayent tout simplement de faire
fonctionner les organismes suivant le processus
imaginé par le Créateur.
Un des plus grands succès observé
par Jacques Janet fut l'amélioration d'une
personne qui souffrait de l'estomac et était
atteinte d'une hernie diaphragmatique. Quelques
séances d'ionocinèse au D.N.R. avaient suffi à
faire disparaître les troubles de la malade.
L'effet fut durable. Quelques séances au bout de
deux mois avaient consolidé les résultats.
Beaucoup de gens atteints de
hernies diaphragmatiques furent particulièrement
heureux de faire appel à cette
thérapeutique.
Devant de tels succès, je désirais
personnellement vérifier si le D.N.R., qui avait
la possibilité de traverser aisément la peau, ne
pourrait pas être administré par de simples
compresses. Je fus surpris, tout d'abord, de
constater que, par application sur l'abdomen de
compresses de D.N.R. additionné de chlorure de
magnésium à 1 %, la colite dont je souffrais
depuis quelques années disparut rapidement.
Dans l'allégresse, je fis profiter
de cette découverte de nombreuses personnes de
mon entourage. Leur reconnaissance fut grande,
car les thérapeutiques prescrites par les plus
grands spécialistes, dans certains cas depuis
dix ou vingt ans, ne leur occasionnaient que
déceptions et souffrances. Les résultats
favorables avec l'usage du D.N.R. sont de
l'ordre de 90 %.
Je m'aperçus également que ce même
traitement pouvait faire disparaître les
ballonnements post-prandiaux. Beaucoup de
personnes, démoralisées à l'idée d'avoir
l'impression de doubler de volume après chaque
repas, purent donc en profiter.
Je reçus également de sincères
félicitations et des remerciements durables d'un
élément féminin du laboratoire. Sans être une
épicurienne, elle appréciait à leurs justes
mesures les qualités organoleptiques des vins de
la région de Sauternes et les alcools de
qualité.
Certaines déficiences hépatiques
et vésiculaires lui réservaient des réveils
pénibles le lendemain de libations pas forcément
abondantes. Quelques applications locales de
D.N.R. permirent de surpasser de manière
inespérée les effets thérapeutiques conjugués du
Sorbitol et de la Vanillone,
même pris à haute dose.
Des légions de petits hépatiques
qui se réveillaient la bouche amère et l'haleine
fétide furent guéris de ces petits malaises
grâce au D.N.R.
Le D.N.R. a fait également
merveille dans d'innombrables cas, après les
libations trop abondantes qui conduisent aux "
cuites ". Des compresses de D.N.R. appliquées de
manière circonstancielle au niveau du foie
permirent à des centaines de personnes couchées
très tard après avoir dépassé le stade anodin de
la chaleur communicative des banquets, de se
réveiller sans éprouver la sensation très
désagréable d'avoir mal aux cheveux.
Mais il existe une affection du
foie beaucoup plus grave : la cirrhose. Habitant
la région de Sauternes, j'étais habitué à
côtoyer beaucoup de ces cas.
Quelques-uns, sans être ivres tous
les soirs, avaient tendance à consommer voire à
abuser de ces vins délicieux qui ne sont pas
simplement des mélanges hydro-alcooliques plus
ou moins édulcorés. En plus de la juste harmonie
entre l'alcool et la liqueur, il ya le
bouquet.
De même que " la culture est
ce qui reste quand on a tout oublié ", de
même le bouquet, le retour d'un vin de Sauternes
est ce qui reste quand on a tout dégusté.
Beaucoup de ces personnes
observaient, au bout de plusieurs années, des
troubles certains et les médecins consultés
diagnostiquaient une cirrhose du foie.
L'une des analyses pratiquées sur
ces malades est la teneur en cholestérol. Les
malades que je côtoyais avaient en général 0,8
grammes de cholestérol (la teneur normale est de
2 grammes par litre environ). Lorsqu'elles
mettaient du D.N.R. en compresse sur le foie
huit à douze heures par jour, ils observaient en
général, au bout d'un à deux mois que la teneur
en cholestérol de leur sang était entre 1,6 et
1,8 gramme au litre. Ceux qui étaient guéris
étaient en général reconnaissants.
Les médecins n'avaient pas du tout
la même attitude. L'un d'eux se bornait à faire
pratiquer des analyses tous les quinze jours.
Quand le malade disparaissait, il disait à la
famille : " C'était grave ; je vous l'avais
bien dit ! " Quand, grâce au D.N.R., le
malade guérissait, il déclarait : " Arrêtez
les analyses. C'est encore un cas de guérison
spontanée de la cirrhose, comme j'en ai déjà
observé ! "
Avec le D.N.R., j'ai peut-être
permis à beaucoup d'anciens cirrhotiques de
reprendre leurs libations coupables.
Mais à leur adresse, dès le
quatrième siècle Ausone disait déjà : " On
n'est jamais si bien cuit que par un bon
cru."
(1) Avec une solution
composée d'un flacon d'Optrex, trente
millilitres de D.N.R., un gramme de chlorure de
magnésium, cinq grains de Ledum
Palustre 5 CH (précision technique de N.
Duffaut) |